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  L’ÉCOLE DE TOLÈDE ou la transmission du savoir philosophique et scientifique au Moyen-Âge (XIIè – XIIIè siècles) Carrefour des sciences et du savoir.
La Tolède des XIIè et XIIIè siècles a cristallisé un des moments de grâce, une des périodes de gloire de l’histoire de la connaissance.

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  L’ÉCOLE DE TOLÈDE ou la transmission du savoir philosophique et scientifique au Moyen-Âge (XIIè – XIIIè siècles)

Carrefour des sciences et du savoir.
La Tolède des XIIè et XIIIè siècles a cristallisé un des moments de grâce, une des périodes de gloire de l’histoire de la connaissance. Les travaux de traduction alors effectués en Espagne (dits « Travaux de l’École de Tolède) ouvrent à la connaissance occidentale les écrits philosophiques et scientifiques de l’héritage gréco-arabe en médecine, mathématiques, astronomie et astrologie, etc.
De l’arabe au latin au XIIè siècle puis de l’arabe en langue vernaculaire espagnole au XIIIè siècle, ils révolutionnent l’état du savoir dans nos sociétés occidentales :
-Redécouverte d’Aristote par le biais des commentaires d’Averroès et Avicenne.
-Initiation au système numérique arabe et à l’algèbre.
-Découverte du système du monde de Ptolémée.
-Premiers contacts avec la pensée médicale gréco-arabe (cf. par exemple Hippocrate qui a donné son nom au fameux serment que prêtent les médecins !).
-etc.

La Renaissance du XIIè siècle.
Cet élargissement des connaissances a donné lieu à ce qu’on a appelé la « Renaissance du XIIè siècle ». L’incidence de ces travaux sur l’avancée des connaissances n’est plus à démontrer. Les traducteurs de l’École de Tolède ont été des agents de création, de diffusion et de vulgarisation des connaissances dans un contexte qui impliquait un lien viscéral entre création et traduction puisqu’un fossé séparait l’état des connaissances de la société d’origine (l’Espagne arabe) et de la société d’accueil (l’Espagne chrétienne). Nous pouvons nous faire une idée de cette gigantesque richesse intellectuelle en prenant un exemple concret : là où la prestigieuse bibliothèque clunisienne comprenait quelques centaines d’ouvrages, les manuscrits arabe de Tolède se comptaient, eux, par milliers (d’aucuns ont avancé le chiffre de 300 000…).

Les conditions de travail du traducteur.
Si de nos jours le traducteur se plie aux exigences de son client, c’est au pouvoir en place que le traducteur des XIIè et XIIIè siècles rend des comptes. La société et la culture sont intellectuellement et moralement vertébrées autour des textes fondamentaux de la tradition gréco-latine (grands auteurs de l’Antiquité, savants et théologiens, docteurs de l’Église, etc.). Le roi est commanditaire de toute traduction.
L’activité créatrice du traducteur c’est cette « empreinte » qu’il est invité à apposer à sa traduction, fondée à l’époque sur la citation et le commentaire. Ceux-ci sont de précieuses sources d’information pour les historiens, les chercheurs, les linguistes, etc.

L’inévitable souci terminologique.
La reconquête de Tolède – dernier foyer de la culture arabe – par Alphonse IV de Castille en 1085 ouvrait la richesse des bibliothèques aux érudits des quatre coins d’Europe.
En 1135 l’archevêque Raymond de Toulouse y fonde un collège de traducteurs où des Italiens, des Français, des Anglais, des Juifs, des Flamands s’illustrent aux côtés des Espagnols dans un gigantesque projet de traduction. Ce foisonnement de traductions dans et depuis de nombreuses langues, la volonté de conserver les références matricielles latines, grecques, hébraïques, indiennes, égyptiennes et, bien sûr, arabes amenèrent les traducteurs à établir des références linguistiques pour les termes techniques sous la forme de glossaires. Mais c’est surtout tout naturellement à l’instar de leurs confrères érudits du Califat oriental que cette habitude lexicographique si « professionnelle » avant la lettre fut prise à partir du XIIIè siècle dans le Califat occidental de Cordoue, infléchissant immédiatement les méthodes de travail des traducteurs de l’École de Tolède.

Pour en savoir plus : DELISLE (Jean) et WOODSWORTH (Judith) (dir.), Les traducteurs dans l’histoire, Canada, Presses de l’Université d’Ottawa (Éditions UNESCO), coll. « Pédagogie de la traduction », 1995, 348 p.

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