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DOÑA MARINA, la Malinche, « lieutenant » et conseillère de Cortès (v. 1501-v. 1550) Doňa Marina s’appelait en réalité Malinalli Ténépal ou Malintzin* qui donna « Malinche » en espagnol. Fait exceptionnel, son nom servit à désigner son maître que les indigènes appelaient Cortès Malintzin !.
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DOÑA MARINA, la Malinche, « lieutenant » et conseillère de Cortès (v. 1501-v. 1550)
Doňa Marina s’appelait en réalité Malinalli Ténépal ou Malintzin* qui donna « Malinche » en espagnol. Fait exceptionnel, son nom servit à désigner son maître que les indigènes appelaient Cortès Malintzin !.
Née d’une noble famille aztèque, elle perdit son père très jeune et aurait été vendue par sa mère à des marchands mayas. Lorsque Hernan Cortès débarque à Tabasco vingt jeunes esclaves lui sont offertes qu’il fait toutes baptiser, ce qui vaut à Malinalli de devenir Doňa Marina.
Le conquistador est accompagné de son interprète Jeronimo de Aguilar qui traduit de l’espagnol en maya. Marina, elle, traduit du maya au nahualt (langue des Aztèques). Elle apprend rapidement l’espagnol et devient non seulement l’unique interprète de Cortès et sa maîtresse (avec laquelle il aura un enfant) mais aussi une conseillère hors pair. Outre la langue, Doňa Marina possédait une parfaite connaissance des coutumes, des cultures, des mentalités locales. Négociatrice de talent elle savait convaincre habilement les Indiens de ne pas se soulever contre les Espagnols. Elle dénonçait les espions, déjouait les guet-apens, saisissait les intentions non avouées des peuples autochtones, informait Cortès des rivalités entre les tribus, suggérait des plans de coopération avec celles-ci.
Dans l’euphorie de leur victoire, les plus fervents défenseurs de l’Indépendance du Mexique l’ont traitée de « mère d’une race bâtarde de mestizos et traître ». Pour d’autres elle reste celle qui a évité des bains de sang en évitant des affrontements aux issues prévisibles et qui a concouru à mettre fin aux sacrifices humains pratiqués jusqu’alors.
Quoi qu’il en soit, le rôle fondamental qu’elle a joué dans l’histoire ne lui a pas valu de célébrité. Son nom est méconnu. Aucun monument ne commémore ses hauts faits.
Seul un volcan éteint porte son nom.
Pour en savoir plus :
-HERREN, R., Doňa Marina, la Malinche, Barcelona, Editorial Planeta, coll. « Mujeres apasionadas », 1992.
-DELISLE (Jean) et WOODSWORTH (Judith) (dir.), Les traducteurs dans l’histoire, Canada, Presses de l’Université d’Ottawa (Éditions UNESCO), coll. « Pédagogie de la traduction », 1995, 348 p.
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